Né en 1930 à Villeurbanne, près de Lyon, André Stempfel est un peintre et sculpteur franco-suisse
dont l’œuvre se situe entre abstraction géométrique, art construit et art concret.
Dès l’adolescence, il s’initie à la peinture dans une académie lyonnaise dirigée par un disciple
d’Albert Gleizes, figure majeure du cubisme, qu’il rencontre à plusieurs reprises. Après l’installation
de sa famille à Grenoble, il fréquente l’École des beaux-arts et l’université de la ville. En 1958, il
s’installe à Paris et poursuit sa formation à l’Académie de la Grande Chaumière, où il développe
progressivement un langage plastique personnel, fondé sur la simplification des formes et la réduction
de la palette chromatique.
En 1970, un incendie détruit entièrement son atelier et les œuvres qui y sont conservées. Cet
événement marque un tournant décisif dans son parcours artistique. Sa peinture évolue vers des
compositions de plus en plus épurées, dans lesquelles les formes géométriques se réduisent à quelques
éléments essentiels. La couleur occupe désormais une place centrale, jusqu’à la prédominance presque
exclusive d’un jaune particulier, appelé « jaune Sénégal ». Stempfel fait de cette restriction
chromatique le point de départ d’une recherche sur les possibilités du monochrome, qu’il considère
non comme un aboutissement, mais comme un sujet à part entière.
Les compositions de Stempfel associent précision géométrique et jeu sur les formes. Il les déplace, les
plie ou les découpe, parfois au-delà des limites du tableau. Par ces interventions simples, son œuvre se
situe entre peinture et sculpture.
À partir des années 1970, André Stempfel développe également une activité consacrée aux
commandes publiques, aux installations urbaines et aux réalisations monumentales intégrées à
l’architecture. De 1980 à 1997, il participe au
mouvement international MADI, fondé à Buenos Aires en 1946 et consacré à l’abstraction
géométrique, à l’invention et au dépassement du cadre traditionnel, dont il devient vice-président.
Bien que proche du minimalisme et de l’art construit, il conserve une approche singulière, dans
laquelle la forme minimale devient le point de départ de transformations inattendues. Son œuvre
témoigne également de son admiration pour les maîtres italiens tels que Giotto, Paolo Uccello et Piero
della Francesca, dont il apprécie la clarté des constructions et la simplification des formes.
Le monochrome constitue le centre de sa démarche artistique. Stempfel le soumet à des déplacements,
des découpes et des déformations qui introduisent mouvement et surprise dans des compositions
rigoureusement construites. Comme il l’explique lui-même : « Le monochrome est mon sujet, mon
compotier, mon paysage… Je l’oblige à sortir de son silence sidéral. » Cette volonté de faire émerger
l’inattendu à partir de moyens volontairement limités caractérise une œuvre dans laquelle la précision
formelle s’assimile à une liberté.
Depuis sa première exposition personnelle à Grenoble en 1968, André Stempfel expose régulièrement
en France et à l’étranger. Ses œuvres figurent dans plusieurs collections publiques, notamment au
Fonds national d’art contemporain (FNAC), au Centre Pompidou et au Musée d’Art moderne de Paris,
ainsi qu’au Hira Museum, au Japon.
André Stempfel’s works can be found in the following collections:
