Né le 19 février 1910 à Tours, Jacques Duthoo grandit en France. Il est le benjamin d’Arthur Duthoo et de Germaine Delaleu. Ce n’est qu’à l’âge de 33 ans, en 1943, qu’il commence à s’engager sérieusement dans le monde de l’art.
L’œuvre de Duthoo se distingue par son orientation précoce vers l’abstraction, un choix audacieux à une époque où l’art figuratif domine encore largement. Sa première exposition, en 1946, au Salon des Surindépendants à Paris, lui permet de partager l’affiche avec le talentueux Serge Poliakoff. Il expose ensuite dans des lieux emblématiques tels que la Galerie Denise René et le Salon de Mai, où il présente ses créations pendant près d’une décennie.
Duthoo se consacre à l’exploration de l’expressionnisme abstrait, un courant qui lui offre la liberté d’exprimer ses émotions et sa vision du monde. Au fil des années, il développe une esthétique marquée par des formes sereines et équilibrées, souvent sublimées par des tonalités brunes subtiles. L’impact émotionnel de ses œuvres invite le spectateur à un voyage introspectif, un retour vers des souvenirs enfouis.
Tout au long de sa carrière, Duthoo se lie d’amitié avec des figures majeures de son époque, comme André Bauchant, Max Ernst ou encore Georges Rouault, avec qui il échange idées et réflexions durant les années tourmentées de la guerre. Ces relations enrichissent son œuvre, y insufflant une diversité de perspectives et d’influences. En 1957, le Musée des Beaux-Arts du canton de Vaud acquiert l’une de ses œuvres, témoignant de la reconnaissance internationale de son talent.
Sa dernière exposition de son vivant a lieu en 1959 à la Galerie Ariel, à Paris, et témoigne de l’importance de son parcours artistique. Deux ans plus tard, en 1961, le Musée de Tours organise une rétrospective de son œuvre, suivie d’une autre en 1965 à la Galerie Ariel. Ces événements soulignent la place de Duthoo dans le paysage artistique français, bien que sa carrière ait été tragiquement interrompue par son décès prématuré en 1960, à Paris, à l’âge de 50 ans.
