Né en 1977 à Dreux, Arnauld Le Calvé est un sculpteur français dont le travail associe la céramique et le verre soufflé. Attiré très jeune par le travail de la matière, il se forme au métier de verrier par compagnonnage dans différents ateliers français entre 2003 et 2006. De 2007 à 2008, il devient assistant au Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques (CIRVA), à Marseille, où il participe notamment à la réalisation des Kachinas, une série de pièces en verre conçues par Ettore Sottsass et inspirées des figures rituelles du peuple hopi. Cette expérience marque une première rencontre avec l’univers des formes totémiques, qui occuperont par la suite une place importante dans son œuvre.
En 2011, Arnauld Le Calvé ouvre son propre atelier de soufflage de verre près de Toulouse. À partir de 2014, il explore la céramique en autodidacte, découvrant dans la terre de nouvelles possibilités de création. Il développe progressivement une technique singulière qui consiste à souffler le verre directement dans des formes en grès chamotté préalablement cuites et réchauffées. Façonnées au colombin ou à la plaque, ses sculptures sont travaillées à l’aide d’engobes, de terres naturelles et de minéraux tels que le sable. La rencontre entre ces deux matériaux, dont les propriétés et les contraintes diffèrent profondément, devient le fondement de son langage plastique.
L’architecture constitue une source d’inspiration importante dans ses premières recherches. Fasciné notamment par les maisons-bulles de Pascal Haüsermann, Arnauld Le Calvé imagine des formes organiques et enveloppantes évoquant des habitats utopiques. Son intérêt pour l’art brut et l’art singulier, ainsi que pour les œuvres de Robert Tatin, du Facteur Cheval et de Gérard Lattier, nourrit une approche libre et instinctive de la sculpture. Il privilégie alors les textures naturelles de la terre, les volumes arrondis et une palette de couleurs relativement restreinte, laissant la matière jouer un rôle essentiel dans la construction de ses formes.
Installé depuis 2015 dans le nord de la Dordogne, l’artiste puise également son inspiration dans les croyances ancestrales, la littérature et la nature. À travers ses voyages répétés en Amérique du Sud et son intérêt pour les traditions animistes, Arnauld Le Calvé oriente son travail vers la représentation de la figure symbolique et du sacré. À partir de 2020, il développe sa série des Totems, composée de figures anthropomorphes aux silhouettes singulières. Leurs corps de grès, aux surfaces granuleuses évoquant parfois la pierre volcanique ou le corail, contrastent avec les volumes lisses et translucides du verre soufflé, qui prennent souvent la forme de regards colorés. Entre références archaïques et imaginaire contemporain, ces sculptures naissent d’un savant mélange de poésie et de mystère. Leur création demeure largement instinctive, l’artiste laissant les formes évoluer librement et refusant de leur attribuer une signification définitive.
Le travail d’Arnauld Le Calvé a été présenté dans plusieurs manifestations consacrées à la création contemporaine et aux métiers d’art en France et à l’étranger, et suscite beaucoup d’intérêt par sa qualité et son esthétique. Il a notamment été présenté au salon Révélations et à Maison & Objet à Paris, ainsi que dans différents festivals de céramique en France. Ses œuvres ont également été exposées au Japon,. À travers ces sculptures, Arnauld Le Calvé développe un univers personnel où la maîtrise technique se conjugue à l’imaginaire, invitant chacun à porter son propre regard sur ces créations à la fois familières et énigmatiques.
